<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>LENT TERREMENT</title><link>http://lentterrement.canalblog.com/</link><description>Chroniques des victoires de l&apos;abandon</description><language>fr</language><lastBuildDate>Mon, 09 Nov 2009 23:09:29 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Limite d&apos;incomp&#xe9;tence ?</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/06/11983581.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/06/11983581.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11983581/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/06/11983581.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Je n&apos;avais jusqu&apos;ici jamais eu de difficult&#xe9;s &#xe0; l&apos;&#xe9;cole... J&apos;ai navig&#xe9; tranquille sans rien faire de sp&#xe9;cial, pas plus que les devoirs qu&apos;on me demandait, et pas toujours les le&#xe7;ons jusqu&apos;&#xe0; la fin du coll&#xe8;ge. Facilement, je suis pass&#xe9;e dans la classe sup&#xe9;rieure. Je n&apos;ai vraiment commenc&#xe9; &#xe0; travailler qu&apos;en licence, apr&#xe8;s avoir pass&#xe9; cinq ann&#xe9;es aux Beaux-Arts, c&apos;est-&#xe0;-dire que j&apos;ai lu les livres qu&apos;on me demandait de lire. A ce moment-l&#xe0;, j&apos;avais d&#xe9;j&#xe0; 22 ans pass&#xe9;s et un bac plus cinq en poche : &#xe7;a met du plomb dans l&apos;aile... Tout s&apos;est finalement bien pass&#xe9;, et m&#xea;me si la peur que j&apos;avais de me confronter &#xe0; l&apos;&#xe9;preuve de la dissertation m&apos;avait presque conduite &#xe0; abandonner la licence (j&apos;ai arr&#xea;t&#xe9; quinze jours en d&#xe9;cembre), et que j&apos;ai d&#xfb; r&#xe9;diger mon partiel accroupie par terre dans le couloir de la fac, tellement la situation m&apos;angoissait et que je n&apos;ai eu le temps d&apos;&#xe9;crire que trois des cinq parties que mon plan pr&#xe9;voyait, j&apos;ai fini pas avoir la note de 15/20 pour cette premi&#xe8;re dissertation dans ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai toujours eu peur de ne pas &#xea;tre &#xe0; la hauteur de ce qui &#xe9;tait attendu. Quand j&apos;ai r&#xe9;ussi quelque chose jusqu&apos;ici, &#xe7;a a souvent &#xe9;t&#xe9; un peu par hasard, avec le sentiment constant d&apos;&#xea;tre &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; de la plaque. Mes r&#xe9;ussites m&apos;ont tout autant surprise que mes &#xe9;checs... et je ne me les explique pas... je les consid&#xe8;re encore, bien des ann&#xe9;es plus tard avec &#xe9;tonnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis obs&#xe9;d&#xe9;e par l&apos;impression de ne rien comprendre, en g&#xe9;n&#xe9;ral, dans la vie, dans l&apos;&#xe9;vidence, chez les gens. Comme je suis &#xe0; pr&#xe9;sent parvenue &#xe0; la &amp;quot;maturit&#xe9;&amp;quot;, je renonce &#xe0; comprendre quoi que ce soit &#xe0; ce niveau-l&#xe0;, je ne fais plus que des hypoth&#xe8;ses, et je les conserve compossibles tant qu&apos;elles ne sont pas invalid&#xe9;es par les faits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd&apos;hui, j&apos;ai l&apos;impression d&apos;&#xea;tre arriv&#xe9;e &#xe0; ma limite d&apos;incomp&#xe9;tence. Je n&apos;ai pas forc&#xe9;ment plus de difficult&#xe9;s que d&apos;autres aux &#xe9;tudes, mais je vis tr&#xe8;s mal mes &#xe9;checs... Passer plusieurs heures &#xe0; tenter de r&#xe9;soudre un exercice, &#xe7;a me donne de moi l&apos;image de quelqu&apos;un de d&#xe9;bile... Comment me faire ensuite confiance &#xe0; moi-m&#xea;me en terme de comp&#xe9;tences intellectuelles ? Comment penser que je puisse dans trois ans faire un tel m&#xe9;tier, alors que j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; du mal &#xe0; r&#xe9;soudre les probl&#xe8;mes du niveau bac &#xe0; sable ? Hier, j&apos;ai pleur&#xe9; sur ma b&#xea;tise et ma na&#xef;vet&#xe9;, camoufl&#xe9;e sous le bruit de l&apos;eau en me lavant les cheveux... &#xe7;a a d&#xfb; me faire du bien de l&#xe2;cher un peu de pression, parce qu&apos;ensuite je me suis attaqu&#xe9;e &#xe0; un exercice sur les ordres de grandeurs entre les bases 2 et 10, et je n&apos;ai pas trop souffert en y travaillant... Ce matin j&apos;ai peur de m&apos;y remettre, je retarde le moment en &#xe9;crivant, mais je vais encore essayer une journ&#xe9;e. Au moins, ne pas abandonner trop vite... on ne sait jamais, c&apos;est peut-&#xea;tre juste une mauvaise passe...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 06 Jan 2009 06:29:28 GMT</pubDate></item><item><title>Le cerveau ramolli</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/05/11969947.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/05/11969947.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11969947/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/05/11969947.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Depuis que j&apos;ai recommenc&#xe9; mes &amp;quot;&#xe9;tudes&amp;quot; je d&#xe9;prime s&#xe9;rieusement. Je remarque qu&apos;il me faut un temps infini pour faire le moindre petit exercice. Quand &#xe7;a implique des maths, je me dis que c&apos;est normal, vu que je n&apos;en ai pas fait depuis 19 ans, et que je n&apos;ai plus beaucoup de neurones qui sont charg&#xe9;s de &#xe7;a... Mais quand c&apos;est de l&apos;anglais, qui me pose beaucoup moins de probl&#xe8;mes de compr&#xe9;hension ou de manipulation, &#xe7;a commence &#xe0; m&apos;inqui&#xe8;ter beaucoup plus. Du coup, comme je mets 15 ans &#xe0; faire chaque truc, je passe mes journ&#xe9;es enti&#xe8;res &#xe0; bosser pour la fac, sans pour autant r&#xe9;ussir &#xe0; rattraper mon retard sur le programme. Hier, j&apos;ai encore pass&#xe9; la journ&#xe9;e enti&#xe8;re sur 3 exercices de programmation Python dont aucun n&apos;a &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;solu pour finir... Je me suis couch&#xe9;e en pensant &#xe0; me faire embaucher dans un fast-food local... ou un autre boulot intellectuellement pas trop dur.... Ce matin, lev&#xe9;e &#xe0; la nuit noire, je rallume l&apos;ordi... mais je crois de moins en moins &#xe0; mes capacit&#xe9;s/possibilit&#xe9;s de r&#xe9;ussite dans ce domaine... je m&apos;obstine par habitude, et aussi parce que comme c&apos;&#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; un plan B, je ne sais pas quoi faire d&apos;autre... Certains m&apos;admirent &amp;quot;Reprendre les &#xe9;tudes &#xe0; ton &#xe2;ge, tout le monde dit que ce n&apos;est pas facile&amp;quot; (pas encore 40 ans, c&apos;est encore jeune pour la vie, mais c&apos;est trop vieux pour les &#xe9;tudes, tout est relatif), mais &#xe7;a me fait une belle jambe et en attendant je gal&#xe8;re grave... J&apos;ai plus que du mou dans le cerveau, c&apos;est plus comme avant : le temps joue &#xe0; pr&#xe9;sent contre moi et je suis devenue intellectuellement si lente que &#xe7;a fait peur pour la suite...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 05 Jan 2009 05:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>Meilleurs vœux et bonne sant&#xe9;</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/02/11934999.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/02/11934999.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11934999/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2009/01/02/11934999.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;2009, d&#xe9;j&#xe0;. R&#xe9;sum&#xe9; rapide de la fin 2008 : hospitalisation d&#xe9;but septembre (&#xe9;tiquette humiliante), la fin du mois et tout octobre dans le gaz total des m&#xe9;dicaments, je ne me souviens de rien d&apos;autre que de lectures sur l&apos;histoire des math&#xe9;matiques et des exercices des annales du brevet des coll&#xe8;ges. En novembre, attente d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e d&apos;une carte d&apos;&#xe9;tudiant en informatique par retour de courrier : elle n&apos;arrive qu&apos;&#xe0; la fin du mois. Depuis, je travaille chaque jour d&apos;arrache pied et je n&apos;arrive pas &#xe0; trouver le temps de faire autre chose. Je doute de mes possibilit&#xe9;s de r&#xe9;ussite... Je suis devenue trop lente pour m&apos;en sortir (ai-je des dommages c&#xe9;r&#xe9;braux ou suis-je juste trop vieille pour les &#xe9;tudes ?)...&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai obtenu un cong&#xe9; longue dur&#xe9;e jusque fin f&#xe9;vrier et j&apos;ai fait une demande de poste adapt&#xe9; pour la rentr&#xe9;e de septembre 2009. Une chance sur deux pour le poste me dit-on, mais aujourd&apos;hui, je me dis que si je l&apos;obtiens, je ne pourrais pas continuer la formation &#xe0; distance...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Je me tape une s&#xe9;ance de psy chaque semaine et j&apos;ai horreur de &#xe7;a. J&apos;y vais &#xe0; reculons car &#xe7;a ne m&apos;aide en rien. Les jugements inavou&#xe9;s de cette femme me glacent... Rien n&apos;avance dans ces s&#xe9;ances : je perds mon temps et elle me ruine le moral... Heureusement, ces deux derni&#xe8;res semaines elle &#xe9;tait en cong&#xe9; et c&apos;est &#xe0; moi que &#xe7;a a fait des vacances... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;attends avec impatience mon rendez-vous de la mi-janvier chez l&apos;ORL : &#xe7;a fait maintenant presque six mois que j&apos;ai des probl&#xe8;mes de &amp;quot;crachats&amp;quot; (en fait, quelque chose coince dans ma fosse nasale gauche et les mucosit&#xe9;s sont si &#xe9;paisses que j&apos;ai du mal &#xe0; cracher pour me lib&#xe9;rer...). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez, j&apos;arr&#xea;te les plaintes pour aujourd&apos;hui et au boulot maintenant, j&apos;ai du pain sur la planche...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 02 Jan 2009 06:28:00 GMT</pubDate></item><item><title>Peut-on choisir la couleur de son &#xe9;tiquette ?</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419734.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419734.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10419734/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419734.html</guid><description>&lt;p&gt;Je suis au croisement des chemins. Je vais pouvoir enfin changer de niveau dans le jeu de la vie. Le seul probl&#xe8;me, c&apos;est en me r&#xe9;signant &#xe0; demander l&apos;aide de la m&#xe9;decine, je me suis approch&#xe9;e dangereusement d&apos;une limite... La principale comp&#xe9;tence du m&#xe9;decin, c&apos;est la s&#xe9;miologie. Il est une banque de donn&#xe9;es de sympt&#xf4;mes ordonn&#xe9;es par cat&#xe9;gories de pathologies. Il est en mesure d&apos;&#xe9;tablir un diagnostic. Donc de donner un nom &#xe0; un ensemble de faits incompr&#xe9;hensibles. C&apos;est ce qu&apos;on veut. Trouver la formule qui va nous permettre de d&#xe9;buter un protocole de traitement pour r&#xe9;soudre ou r&#xe9;duire les difficult&#xe9;s &#xe9;prouv&#xe9;es. C&apos;est malheureusement aussi une &#xe9;tiquette que le m&#xe9;decin nous colle sur le front, et avec laquelle nous sommes forc&#xe9;s d&apos;adh&#xe9;rer, sous peine de tuer dans l&apos;œuf toutes nos chances de r&#xe9;ussite... Faut ce qu&apos;il faut. Reconna&#xee;tre d&apos;abord le probl&#xe8;me (il y a), sinon, pas moyen de l&apos;identifier... donc sans d&#xe9;fense devant l&apos;inconnu qui nous menace, et bient&#xf4;t le chaos : un enfer... J&apos;ai un probl&#xe8;me : affirmatif. Nature ? Rhizome-type. Envahissant dedans. Prends trop de temps &#xe0; s&apos;exposer... je suis oblig&#xe9;e de faire des raccourcis, et personne ne comprend rien &#xe0; ce que je dis. Jour A : la pharmacienne me prend pour une folle, elle me conseille de me faire hospitaliser dix jours, que l&#xe0;-bas ils me feront une piq&#xfb;re et que j&apos;irais vite mieux (quand m&#xea;me !), avec un d&#xe9;tour par un sale jeu d&apos;auto-satisfaction-narcissique : vous n&apos;avez pas de culture m&#xe9;dicale, vous n&apos;y pouvez rien comprendre, retournez voir votre m&#xe9;decin, et faites-vous &quot;voir&quot; aussi par &quot;quelqu&quot;un d&apos;autre&quot;, vous savez, les m&#xe9;dicaments ne peuvent rien sans un accompagnement psychologique ! OK : je suis une pauvre malade angoiss&#xe9;e, donc, je ne suis pas une &quot;vraie&quot; malade, mais une malade &quot;mentale&quot;... Cool. Super cool. Le toubib, le lendemain : deuxi&#xe8;me injection du vaccin : devient tout rouge et me &quot;gronde&quot; paternellement (fausse col&#xe8;re pour me &quot;recanalyser&quot; genre &quot;tu d&#xe9;bloque ma petite, ressaisis-toi ! Tu vois, je me f&#xe2;che tout rouge, et je dois utiliser ma grosse voix imp&#xe9;rieuse pour te faire entendre raison, &#xe7;a suffit ! Je d&#xe9;teste tout simplement, je me sens dans une situation d&apos;injustice flagrante : couperet du jugement sans me laisser aller au bout de l&apos;exposition de l&apos;encha&#xee;nement des faits qui m&apos;ont amen&#xe9;s &#xe0; demander de l&apos;aide ! Merde. Je suis totalement allergique &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de devoir continuer &#xe0; vivre en devant accepter que finalement, je suis bien cingl&#xe9;e... Il faut que je trouve autre chose. Il y a forc&#xe9;ment un moyen pour que je puisse &#xea;tre en mesure de &quot;changer de peau&quot;, comme on s&apos;ach&#xe8;te une belle robe pour s&#xe9;duire &#xe0; nouveau apr&#xe8;s avoir fait le deuil d&apos;une rupture. Maintenant qu&apos;il y a une majorit&#xe9; de gens parmi ceux que je &quot;rencontre&quot; qui semblent &#xea;tre d&apos;accord pour me trouver ultra-angoiss&#xe9;e et hyper-tout (curieuse, sensible, pessimiste, chiante, bavarde, na&#xef;ve, etc.) voire manipulatrice, froide (le cœur ne commande pas la raison, sauf d&#xe9;r&#xe8;glement... du thermostat) et excentrique... Une fille pas-pareil. Justement, c&apos;est le probl&#xe8;me. Pas pareil que ce qu&apos;ils croient eux, les membres du corps m&#xe9;dical, je n&apos;exag&#xe8;re pas les faits : je fais de l&apos;humour pour orienter leur interpr&#xe9;tation un peu plus l&#xe9;g&#xe8;rement — si j&apos;arrive &#xe0; en parler, c&apos;est que j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; fait un peu le tour, je peux aussi prendre un peu le temps d&apos;y mettre &quot;les formes&quot;. Mais il faut toujours que j&apos;en fasse trop, et du coup, il n&apos;a pas grand monde qui comprend ce que j&apos;essaye de faire ou qui reconna&#xee;t ce que je tente de d&#xe9;finir ou de cerner... Il faut que je trouve un nouveau point de vue sur moi-m&#xea;me, que je me re-d&#xe9;finisse pour m&apos;offrir une nouvelle naissance symbolique. J&apos;en ai marre de ce niveau de jeu, je ne comprends rien et je n&apos;arr&#xea;te pas de perdre. J&apos;en envie d&apos;essayer autre chose. Je n&apos;ai pas d&apos;amis assez proches pour me percevoir diff&#xe9;rer... J&apos;ai la possibilit&#xe9; de changer de mode d&apos;observation de moi-m&#xea;me, de cr&#xe9;er un nouvel utilisateur, appartenant &#xe0; une classe dans laquelle on s&apos;accorde des autorisations, pas &#xe0; celle o&#xf9; on les demandes &#xe0; des gardiens de prison qui pensent : interdit ! Ion ou Particule ? Malade mental ou ... ? D&#xe9;but d&apos;enqu&#xea;te... qu&#xea;te d&apos;ego-ouste ! (sic) &quot;JE EST UN AUTRE&quot; a dit Rimbaud, dont l&apos;œuvre &#xe9;pistolaire m&apos; a apport&#xe9; plus que sa po&#xe9;sie... sacr&#xe9;e le&#xe7;on que la po&#xe9;sie la plus fine ne vaut pas un troupeau et un lopin de terre, des amis... et qu&apos;&#xe0; la fin, affaibli par la maladie, c&apos;est chez les siens dont il avait fait des &quot;lointains&quot;, qu&apos;il vient livrer son corps agonisant, perdant son int&#xe9;grit&#xe9;... Qui peut encore vous aider quand vous n&apos;avez plus assez d&apos;axes pour d&#xe9;finir le champ de votre existence ? Rimbaud, amput&#xe9; d&apos;une jambe, n&apos;ira plus nulle part sans un soutien ext&#xe9;rieur, puis il va mourir. Les seuls qui nous aiment assez pour faire ce sacrifice d&apos;eux-m&#xea;mes, ce sont ceux qui se sentent en partie responsable de ce que notre vie nous a apport&#xe9; comme &#xe9;preuves, et qui sont encore motiv&#xe9;s pour agir en fonction... &#xe0; la recherche de leur propre pardon int&#xe9;rieur... ils leur est essentiel de vous soutenir jusqu&apos;&#xe0; la fin... jusqu&apos;au bout... Ce sont les deux axes qui ont d&#xe9;fini le champ de votre existence, les &quot;parents&quot; qui sont votre origine, et dont vous &#xea;tes la descendance, c&apos;est-&#xe0;-dire la fin...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 01 Sep 2008 10:04:00 GMT</pubDate></item><item><title>Avant le d&#xe9;but, le doute &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; l&#xe0;</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419005.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419005.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10419005/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/09/01/10419005.html</guid><description>&lt;p&gt;Je n&apos;ai jamais su comment m&apos;y prendre dans la vie, j&apos;ai toujours eu du mal &#xe0; manœuvrer la machine corporelle. Dans le ventre de ma m&#xe8;re, j&apos;ai cherch&#xe9; un moment &#xe0; trouver la sortie, et des mes remises en causes p&#xe9;riodiques, j&apos;ai bien failli tout faire rater... Je me suis finalement retrouv&#xe9;e dehors en plein hiver, le cordon ombilical entour&#xe9; trois fois autour du cou — je n&apos;ai pas d&apos;info sur la couleur ni l&apos;odeur — &#xe0; l&apos;heure du d&#xe9;jeuner : de quoi vous couper direct l&apos;app&#xe9;tit. Dur coup pour les parents, qui ont du mal &#xe0; croire assez fort &#xe0; la viabilit&#xe9; du b&#xe9;b&#xe9;, et le baptise le lendemain, dans la chapelle de la maternit&#xe9;, sous la pression bigote des grand-m&#xe8;res. D&#xe9;tail technique de l&apos;affaire : la marraine n&apos;est autre que la sœur cadette de la jeune maman, qui se suicidera peu apr&#xe8;s, et dont le deuil sera si difficile &#xe0; ma m&#xe8;re... Info plus r&#xe9;cente mais stup&#xe9;fiante, qui bouleverse totalement les donn&#xe9;es du probl&#xe8;me : ce deuil impossible qui emp&#xea;chera ma m&#xe8;re &#xe0; mon endroit, sur le plan &#xe9;motionnel, ne peut plus &#xea;tre compris de la m&#xea;me mani&#xe8;re lorsqu&apos;on apprend que cette sœur ch&#xe9;rie battait son a&#xee;n&#xe9;e... au point que des bleus, des griffures, que sais-je encore, &#xe9;taient parfois visibles sur ses bras... Perplexit&#xe9; profonde... Myst&#xe8;re du cœur humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma m&#xe8;re se voulait &#xe9;ducatrice, et elle relevait r&#xe9;guli&#xe8;rement les traces des diff&#xe9;rentes &#xe9;tapes remarquables de l&apos;&#xe9;volution de sa prog&#xe9;niture. C&apos;est gr&#xe2;ce &#xe0; cette volont&#xe9; qu&apos;elle a mise en œuvre de nous donner acc&#xe8;s &#xe0; un r&#xe9;sum&#xe9; sch&#xe9;matique et orient&#xe9; selon ses centres d&apos;int&#xe9;r&#xea;ts &#xe0; elle, que je sais aujourd&apos;hui quel est le premier mot que j&apos;ai prononc&#xe9; : &quot;mumi&#xe8;re&quot;. J&apos;ai toujours but&#xe9; sur la premi&#xe8;re marche... je fais toujours erreur sur la nature de la cl&#xe9; : une lettre trop loin dans l&apos;alphabet, pour commencer... Mais pour choisir de contraindre ses muscles pour dire &#xe7;a, il faut d&#xe9;j&#xe0; qu&apos;il y ait un probl&#xe8;me... Les enfants disent assez souvent &quot;maman&quot; ou &quot;papa&quot;, un son structur&#xe9; qui tend vers une de ces formes... Ce qui nous pousse &#xe0; parler (&#xe0; tenter d&apos;utiliser le son comme un code), c&apos;est un d&#xe9;sir — et c&apos;est cool — ou un besoin — c&apos;est moins sympa… Ma fille avait choisi &quot;papa&quot; mais comme il n&apos;a pas r&#xe9;pondu &#xe0; ses appels, lorsqu&apos;elle l&apos;appelait dans la rue lorsque nous le croisions par hasard, apr&#xe8;s la s&#xe9;paration de corps, elle a arr&#xea;t&#xe9; de le dire, a appris &#xe0; dire &quot;maman&quot;. Ensuite, c&apos;est rest&#xe9; bloqu&#xe9; l&#xe0; jusqu&apos;&#xe0; son entr&#xe9;e &#xe0; l&apos;&#xe9;cole maternelle, vers 2 ans et 4 mois... Un mot est une formule magique : il a un pouvoir. Le mot est un &quot;truc&quot; qui aide &#xe0; faire exister, non pas une chose, mais un &#xe9;tat, c&apos;est-&#xe0;-dire une actualit&#xe9; de cette chose (dans l&apos;espace et le temps proches), sa pr&#xe9;sence. On dit qu&apos;on &quot;appelle&quot; quelque chose ou quelqu&apos;un, cette actualisation de la chose peut &#xea;tre faite dans quatre dimensions, au moins : dans la r&#xe9;alit&#xe9; (territoire axiomatique de notre consensus d&apos;accord sur l&apos;&#xe9;tat de notre connaissance du monde dans lequel nous croyons &#xe9;voluer), dans la virtualit&#xe9; (le temps &#xe9;ternel qui conserve en r&#xe9;serve un sens fl&#xe9;ch&#xe9;, un jeu de piste dans lequel nous pouvons facilement nous retrouver en arri&#xe8;re ou nous projeter en avant sans pour autant quitter totalement le pr&#xe9;sent, sauf...), dans le symbolique (l&apos;&#xe9;cho renvoy&#xe9; d&#xe9;form&#xe9; et r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9; &#xe0; l&apos;infini des erreurs : les emballages cadeaux qui cachent mis&#xe8;re) et dans le spirituel (auquel on arrive forc&#xe9;ment apr&#xe8;s avoir TOUT essay&#xe9; dans les autres...). Et voil&#xe0; je peux maintenant revenir &#xe0; mon propos : premier mot &quot;lumi&#xe8;re&quot;, mal prononc&#xe9; avec un rapport d&apos;erreur 1/26. J&apos;avais peur du noir. J&apos;ai &quot;flipp&#xe9; ma m&#xe8;re&quot; d&#xe9;s le d&#xe9;but on dirait (comme disent certains)... L&#xe9;gende maternelle (je ne m&apos;en souviens pas, mais j&apos;en ai entendu parler une paire de fois) : petite, je dessinais des soleils noirs. &#xc7;a a fait tr&#xe8;s peur &#xe0; mes parents, mais je ne comprends toujours pas pourquoi.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 01 Sep 2008 09:05:29 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe2;me et la citoyenne</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10400082.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10400082.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10400082/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10400082.html</guid><description>&lt;p&gt;Chacun de mes parents, malgr&#xe9; leur volont&#xe9; commune de faire corps devant moi en tant que syst&#xe8;me &#xe9;ducatif coh&#xe9;rent, avait en secret un autre but, distinct de celui sur lequel ils s&apos;&#xe9;taient mis d&apos;accord. Ma m&#xe8;re r&#xea;vait de faire de moi une fille bien &#xe9;lev&#xe9;e, qui saurait bien se tenir en soci&#xe9;t&#xe9;. Elle savait que mon comportement social serait compris comme une cons&#xe9;quence de son &#xe9;ducation, et souffrait le martyre chaque fois que j&apos;omettais de remercier ou de saluer quelqu&apos;un. Il est vrai que j&apos;ai &#xe9;t&#xe9; difficile &#xe0; &#xe9;lever sur ce plan... mais j&apos;avais aussi l&apos;exemple de mon p&#xe8;re qui ne se pliait pas aux m&#xea;mes codes de comportement social. Les activit&#xe9;s de filles de bonne famille me plaisaient-elles moins parce que c&apos;&#xe9;tait elle qui me les imposaient ? N&apos;ai-je demand&#xe9; une boite &#xe0; outils miniature pour mes six ans que pour me donner l&apos;occasion de passer plus de temps avec mon p&#xe8;re, en le rejoignant sur son terrain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon p&#xe8;re pla&#xe7;ait la v&#xe9;rit&#xe9; des faits au-dessus de tout autre chose. La relativit&#xe9; &#xe9;tait dans son esprit depuis toujours. Il cherchait la lumi&#xe8;re, &#xe0; son niveau, dans la recherche scientifique. Il ne s&apos;attendait pas trouver la r&#xe9;ponse &#xe0; sa question principale au cours de sa vie, mais il n&apos;avait pas d&apos;autre but que de travailler sans rel&#xe2;che &#xe0; son propre salut en faisant progresser la connaissance globale de l&apos;&#xea;tre humain, sans condition de morale locale ni d&apos;int&#xe9;r&#xea;ts financiers... Il travaille pour l&apos;Etat, parce qu&apos;il n&apos;y a pas d&apos;abstraction plus haute &#xe0; laquelle se rallier dans son univers... mais il ne fait pas l&#xe0; ce qu&apos;il veut : juste ce qu&apos;on lui demande. Et comme il ne sait pas faire une chose &#xe0; moiti&#xe9;, il y met toute son &#xe9;nergie, et est r&#xe9;compens&#xe9; de ses efforts par une certaine frustration. Du coup il se plaint de ce qui le fait chier sans arr&#xea;t, pour d&#xe9;compresser, et tout le monde autour en prend plein les dents... Il est particuli&#xe8;rement g&#xe9;n&#xe9;reux, et d&#xe9;s qu&apos;il est mis au courant d&apos;un probl&#xe8;me que vous rencontrez, il se met en quatre pour vous aider, sans rechigner ni &#xe0; l&apos;effort ni &#xe0; la d&#xe9;pense. Mais si vous ne r&#xe9;ussissez pas &#xe0; rebondir et &#xe0; trouver la solution de vos ennuis gr&#xe2;ce &#xe0; son coup de pouce, alors il s&apos;en veut de n&apos;avoir pas r&#xe9;ussi &#xe0; vous aider... et pour se soulager de son &#xe9;chec personnel, il vous renvoie la facture au visage en dressant le d&#xe9;tail de la liste de ce que lui a co&#xfb;t&#xe9; &#xe0; lui votre probl&#xe8;me : il ne cherche qu&apos;&#xe0; prouver qu&apos;il a fait tout ce qui &#xe9;t&#xe9; en son pouvoir pour vous aider, et qu&apos;il ne peut pas plus, que tout est dans vos mains &#xe0; vous, ou dans celles de quelqu&apos;un d&apos;autre. Il veut juste &#xe9;viter qu&apos;on lui en veuille de ne pas nous avoir sauv&#xe9; de nous-m&#xea;mes... de n&apos;avoir pas &#xe9;t&#xe9; &#xe0; la hauteur de nos attentes... mais qu&apos;attendons-nous d&apos;un p&#xe8;re ? Au d&#xe9;but, rien dont on ait conscience. A la fin, rien qu&apos;il puisse nous donner, puisque notre attente est par essence g&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;e par un manque, une absence, un vide, du rien l&#xe0; o&#xf9; il devrait y avoir quelque chose... Nous ne pouvons rien attendre de personne. Nous ne pouvons que donner, et recevoir, c&apos;est tout. L&apos;attente ne fait que d&#xe9;tourner l&apos;attention de ce qui est l&#xe0;, et doit &#xea;tre tout aussi bon &#xe0; prendre, mais qui a un go&#xfb;t diff&#xe9;rent et qu&apos;on ne reconna&#xee;t pas toujours pour ce que c&apos;est... L&apos;&#xe9;ternelle question des motifs... Tu as mal fait, c&apos;est mal. Mais si tu as pr&#xe9;m&#xe9;dit&#xe9; de faire le mal, c&apos;est pire que si tu es tout d&apos;un coup pass&#xe9; &#xe0; l&apos;acte sans y avoir jamais pens&#xe9; auparavant... Si tu fais le mal, mais en ayant eu l&apos;intention de bien faire, c&apos;est que tu as fait une erreur de jugement, si tu l&apos;avoues, si tu reconnais ta faute, alors tu es pardonn&#xe9; : tes intentions &#xe9;taient pures, ton &#xe2;me l&#xe9;g&#xe8;re passe l&apos;&#xe9;preuve de la pes&#xe9;e et tu t&apos;&#xe9;l&#xe8;ves... La reconnaissance de ses propres erreurs d&apos;appr&#xe9;ciation est la voie du progr&#xe8;s de l&apos;homme vu sous l&apos;angle de l&apos;&#xe2;me. Mon p&#xe8;re et ma m&#xe8;re, ont tous les deux choisi les sciences physiques, et sont mus par la m&#xea;me foi du progr&#xe8;s. Ils ont tous les deux la rigueur et la force de travail n&#xe9;cessaire au d&#xe9;passement de leurs conditions sociales d&apos;origine. Ils ont trouv&#xe9; le moyen de faire des &#xe9;tudes, et de trouver dans la soci&#xe9;t&#xe9; de leur &#xe9;poque, une place mieux consid&#xe9;r&#xe9;e que celle de leurs parents. Ils ont de quoi penser que la m&#xe9;thode qui a &#xe9;t&#xe9; la leur, celle du &quot;augmente encore un peu tes efforts et tu vas y arriver, tu n&apos;es pas au maximum de tes capacit&#xe9;s encore&quot; est une m&#xe9;thode efficace. Certes, pour eux, &#xe7;a a donn&#xe9; certains r&#xe9;sultats, ils peuvent &#xea;tre fiers de s&apos;&#xea;tre faits eux-m&#xea;mes sans l&apos;aide d&apos;un h&#xe9;ritage culturel ou intellectuel. Si tu veux tu peux, tu n&apos;as qu&apos;&#xe0; travailler. Derri&#xe8;re, toute une culture du m&#xe9;rite. Eux, ils se sont fait chier, alors ils ont toujours un pincement devant la chance que peuvent avoir certaines personnes de voir tomber sur leur t&#xea;te une pluie de r&#xe9;compenses, qui &#xe0; des yeux envieux n&apos;ont, semble-t-il, jamais &#xe9;t&#xe9; pay&#xe9; d&apos;aucun sacrifice... Certains auront tout et d&apos;autres n&apos;auront rien. Si quelqu&apos;un vient demander de l&apos;aide, on lui refusera. Et au mendiant, on volera sa derni&#xe8;re pi&#xe8;ce, son dernier bout de pain. On pr&#xea;tera &#xe0; qui nous rendra, pas &#xe0; qui n&apos;a rien &#xe0; donner. Toute mauvaise conscience bannie gr&#xe2;ce &#xe0; l&apos;aum&#xf4;ne, et &#xe0; la charit&#xe9;, qui comme on le sait commence toujours par soi-m&#xea;me lorsqu&apos;elle est bien ordonn&#xe9;e. Je ne fais pas l&apos;aum&#xf4;ne pour aider le mendiant, mais pour sauver mon &#xe2;me : il faut que je puisse me consid&#xe9;rer comme quelqu&apos;un de charitable, car l&apos;&#xe9;go&#xef;sme est un vilain d&#xe9;faut ! Aidez ceux qui en ont visiblement besoin, si &#xe7;a vous fait plaisir de vous priver pour les autres parce leur d&#xe9;tresse vous co&#xfb;te plus cher que votre petit sacrifice... pas pour vous donner bonne conscience... un type qui demande de l&apos;aide, pourquoi ne pas l&apos;aider ? M&#xea;le-toi de tes affaires et que chacun s&apos;occupe des siennes, et les vaches seront bien gard&#xe9;es... Comme on fait son lit, on se couche. Ma m&#xe8;re en conna&#xee;t tout un paquet, que &#xe7;a me serve de le&#xe7;on. Chaque situation est l&apos;occasion d&apos;&#xe9;voquer une loi fondamentale, d&apos;apprendre la le&#xe7;on de ce qu&apos;on est en train de vivre. &#xc7;a t&apos;as pas servi de le&#xe7;on ? Question r&#xe9;currente. Pas le droit d&apos;&#xe9;chouer deux fois de suite sur le m&#xea;me truc, sinon on est trait&#xe9; de d&#xe9;bile incurable qui ne comprendra jamais rien. Je suis depuis toujours sous cette pression du progr&#xe8;s, du mieux faire, de la n&#xe9;cessit&#xe9; de comprendre vite commencer r&#xe9;soudre les difficult&#xe9;s rencontr&#xe9;es. Quand, malgr&#xe9; tous mes efforts, je ne trouve pas de solution, parce que j&apos;ai fait le tour, et tout essay&#xe9; ce &#xe0; quoi j&apos;avais capable de penser, alors c&apos;est l&apos;horreur... car je suis s&#xfb;re d&apos;une chose, c&apos;est bien d&apos;avoir tout essay&#xe9;, car quand je me lance vers quelqu&apos;un d&apos;autre pour demander de l&apos;aide, et que j&apos;explique ce que j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; tent&#xe9; pour &#xe9;pargner le temps de mon bienfaiteur potentiel, pour lui &#xe9;pargner la charge de refaire tout le parcours, je me retrouve rarement face &#xe0; un conseil auquel je n&apos;ai pas d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;puis&#xe9; toutes les possibilit&#xe9;s depuis longtemps... on bien, le temps que je prends &#xe0; l&apos;autre pour lui all&#xe9;ger le co&#xfb;t de l&apos;aide que je lui demande, et bien ce temps-l&#xe0; d&#xe9;j&#xe0; lui p&#xe8;se, il lui tarde que j&apos;en vienne au fait, et il ne d&#xe9;sire plus m&apos;aider, mais que je me taise... je me souviens de ce qui enfant, m&apos;avait donn&#xe9; l&apos;envie d&apos;&#xe9;crire : personne ne peut couper la parole &#xe0; un livre, qui ne peut &#xea;tre que referm&#xe9; sans lecture ou d&#xe9;truit, mais pas tu&#xe9; dans l&apos;œuf parce que la coquille est trop petite et qu&apos;elle sature... si j&apos;&#xe9;cris au lieu de parler, il est certain que je n&apos;aurai pas plus d&apos;information sur la foi que je suis sens&#xe9;e apporter &#xe0; mes propres r&#xe9;flexions, mais si je peux dire les choses &#xe0; ma fa&#xe7;on, en entier, en d&#xe9;crivant les liens que je crois d&#xe9;celer entre certaines choses, alors peut-&#xea;tre que si j&apos;arrive &#xe0; &#xea;tre suffisamment pr&#xe9;cise, quelqu&apos;un d&apos;autre pourrait en tirer profit dans sa propre qu&#xea;te, surtout si ce n&apos;est pas la m&#xea;me... tout ce que l&apos;autre montre de ses propres limites est une occasion d&apos;en apprendre davantage sur les n&#xf4;tres... &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 30 Aug 2008 14:33:00 GMT</pubDate></item><item><title>Je crois avoir compris, mais on me dit que non</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10398531.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10398531.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10398531/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10398531.html</guid><description>&lt;p&gt;Lorsque je parle en mon nom, je dis JE. Mais quand je me parle, je dis TU, comme souvent je me surprends &#xe0; le faire en parlant &#xe0; autrui... Je parle aux autres comme je me parle &#xe0; moi-m&#xea;me... Mais quand je parle de moi aux autres, il peut se trouver que je parle de moi &#xe0; la troisi&#xe8;me personne du singulier : quand je suis d&apos;accord avec vous pour me qualifier d&apos;idiote... Quelle conne ! Quelle d&#xe9;bile celle-l&#xe0; ! Je me parle sans arr&#xea;t, mais depuis toujours, je ne suis pas limit&#xe9;e &#xe0; mon propre point de vue. Je suis capable d&apos;envisager un autre, et de le prendre suffisamment au s&#xe9;rieux pour l&apos;adopter, l&apos;espace d&apos;un instant, pour me rendre compte... donc, je m&apos;exprime en sujets variables selon l&apos;usage ou la fonction d&#xe9;volue au propos... si je dis ce que je pense ou ce que je ressens, si je m&apos;exprime, alors j&apos;utilise la premi&#xe8;re personne... si je me parle &#xe0; moi m&#xea;me comme on conseillerait un ami, un fr&#xe8;re, un proche dont on veut le bonheur, si je veux m&apos;aider, me soutenir, m&apos;auto-turorer... alors j&apos;utilise la deuxi&#xe8;me personne du singulier. Si je suis d&apos;accord avec vous, que je pense que je dois donner de moi-m&#xea;me une bien pi&#xe8;tre image, je me d&#xe9;livre de la menace de votre jugement en utilisant la troisi&#xe8;me personne et en le faisant moi-m&#xea;me, &#xe9;pargnez votre peine, j&apos;ai aussi int&#xe9;gr&#xe9; le point de vue de l&apos;ennemi... je n&apos;ai nul besoin d&apos;aider pour sombrer, m&apos;enfoncer plus bas que terre, vous n&apos;avez qu&apos;&#xe0; attendre, vous n&apos;avez pas besoin de pousser, si ? Je n&apos;entends pas d&apos;autre voix que la mienne, mais les int&#xe9;r&#xea;ts que d&#xe9;fendent ces trois sujets ne sont pas les m&#xea;mes... et il y a aussi bien s&#xfb;r, en face de nous, les miens, c&apos;est-&#xe0;-dire le groupe auquel nous appartenons forc&#xe9;ment vous et moi : les hommes. Non, pas toi, justement t&apos;es une fille. Je ne voulais pas dire les m&#xe2;les, mais les humains... Je trouve jamais le mot juste... Nous ne cherchons que l&apos;amour, tous autant que nous sommes... et quand nous avons la certitude de l&apos;avoir trouv&#xe9;, il a autant de mani&#xe8;re de se r&#xe9;v&#xe9;ler pure construction mentale qu&apos;il y a d&apos;histoires d&apos;amour dans une vie... m&#xea;me si &#xe7;a dure, il ne sera pas tel qu&apos;on le souhaiterait... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je voyais bien, que j&apos;&#xe9;tais une enfant difficile, et que je n&apos;avais pas toujours raison dans les luttes qui m&apos;opposaient &#xe0; mes parents par exemple. Je voyais parfaitement bien mon ego en action... j&apos;aurais presque pu en faire le portrait... qu&apos;il &#xe9;tait laid, &#xe0; ce moment-l&#xe0;, qu&apos;il &#xe9;tait primaire ! Je n&apos;avais que des ennemis ou des amis, car je ne comprenais que deux &#xe9;tats : ouvert et ferm&#xe9;, c&apos;est-&#xe0;-dire d&apos;accord ou pas d&apos;accord, et tout &#xe7;a m&#xe9;lang&#xe9;, pour faire de l&apos;ouverture des autres &#xe0; mon &#xe9;gard l&apos;objet principal de ma qu&#xea;te... (permettez-moi d&apos;&#xea;tre l&apos;imperfection que j&apos;ai conscience d&apos;&#xea;tre, sans me le faire payer de votre jugement d&#xe9;pr&#xe9;ciateur quotidien). Que j&apos;aurais aim&#xe9; tomber en accord avec les autres (quitte &#xe0; devoir faire moi-m&#xea;me tous les sacrifices et tous les efforts) ! Jusqu&apos;ici, mon but principal n&apos;aura &#xe9;t&#xe9; que de me faire accepter et aimer telle que je suis, exactement comme tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est le probl&#xe8;me principal ? Le premier nœud ? Le noyau autour duquel mon ego s&apos;est construit, d&#xe9;vorant tout sur son passage, c&apos;est cette difficult&#xe9; qu&apos;a eu ma m&#xe8;re &#xe0; m&apos;aimer. J&apos;ai toujours senti qu&apos;elle ne m&apos;aimait pas, et que mon p&#xe8;re m&apos;aimait plus. Mais il ne m&apos;aimait pas mieux. Ma m&#xe8;re faisait presque tous les gestes qu&apos;on doit faire, elle a &#xe9;t&#xe9; une tr&#xe8;s bonne m&#xe8;re et m&apos;a m&#xea;me allait&#xe9;e un temps. Mais son &#xe9;treinte rare et un peu &#xe9;motive m&apos;aga&#xe7;ait : je n&apos;y voyais que gestes professionnels, apport minimum recommand&#xe9; de l&apos;affection via contact physique... l&apos;expression de l&apos;id&#xe9;e qu&apos;elle se faisait de ce qu&apos;une m&#xe8;re se devait de faire. Et j&apos;aimais pas &#xe7;a, qu&apos;elle fasse semblant, qu&apos;elle nie la r&#xe9;alit&#xe9; de son manque d&apos;amour, qu&apos;elle me juge parano&#xef;aque... Tout le monde te d&#xe9;teste, me disait-elle, c&apos;est bien connu ! Et en fait, j&apos;avais raison... elle s&apos;en est aper&#xe7;ue plus tard et me l&apos;a avou&#xe9;... &#xe9;tait-ce bien n&#xe9;cessaire de me mentir sur ses sentiments ? Double Bind. Cons&#xe9;quence directe : si ce que je crois percevoir dans une situation est jug&#xe9; comme une erreur d&apos;appr&#xe9;ciation, alors je dois faire attention &#xe0; mon propre jugement... me m&#xe9;fier de moi-m&#xea;me et de ce que je crois comprendre... d&#xe9;s lors, en effet, je deviens d&#xe9;pendante de l&apos;avis des autres pour me situer... Je suis devenue mon propre tuteur, j&apos;ai mis en route une enqu&#xea;te, je me suis observ&#xe9;e penser... Je n&apos;avais pas de crit&#xe8;res pour savoir si mes intuitions &#xe9;taient exactes... les questions que je pose aux autres ne sont finalement que des d&#xe9;riv&#xe9;es d&apos;une seule et m&#xea;me question : est-ce que j&apos;ai raison ? qui signifie est-ce c&apos;est &#xe7;a, est-ce que j&apos;ai compris ? Je ne comprends toujours pas les choses qui semblent les plus &#xe9;videntes aux autres... La seule r&#xe9;ponse positive que je n&apos;ai encore pas r&#xe9;ussi &#xe0; faire, c&apos;est &#xe0; dire &quot;oui&quot; quand on me demande si je suis s&#xfb;re de moi. Je me d&#xe9;bats depuis toujours avec des millions de d&#xe9;tails sans lien les uns avec les autres, et dont je ne sais pas quoi faire. L&apos;exp&#xe9;rience a montr&#xe9; &#xe0; de nombreuses reprises que je savais tout un tas de choses, sans pouvoir donner la r&#xe9;ponse, faute de comprendre sur quoi portait la question... Je ne vois pas les choses &#xe0; la m&#xea;me &#xe9;chelle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Parlez-moi d&apos;un arbre que vous voyez l&#xe0; juste ici &#xe0; port&#xe9;e de vue : je ne vois pas cet arbre dont vous me parlez comme d&apos;une &#xe9;vidence, mais je vois d&apos;autres choses un peu diff&#xe9;rentes, certaines proches certaines plus lointaines, &#xe0; diff&#xe9;rent stades de croissance, qui me semblaient correspondre &#xe0; ce qu&apos;on a l&apos;habitude d&apos;appeler un arbre... du coup, je ne comprends plus rien... vous n&apos;en voyez qu&apos;un ? les autres trucs ne sont pas des arbres ? si, mais ils ne sont pas l&#xe0;, puisque vous ne les voyez pas, et que vous &#xea;tes s&#xfb;rs de vous... Putain de merde ! Quel arbre ? J&apos;ai le nez coll&#xe9; sur l&apos;&#xe9;corce, je sens l&apos;odeur de la s&#xe8;ve fra&#xee;che, je cours pour m&apos;amuser sur les racines comme des montagnes, je glisse dans le sol en suivant les racines, je remonte dans le tronc, je caresse chaque feuille, je sens chaque graine qui tombe vers son devenir-arbre... et au loin, des arbres il y en a pleins d&apos;autres, que j&apos;aper&#xe7;ois au loin, ou dont je devine la pr&#xe9;sence, sans la distinguer clairement... et puis il y a tous les arbres auxquels on peut penser... l&apos;id&#xe9;e de l&apos;arbre comprend tout &#xe7;a, de quoi parlez-vous ? Et bien de l&apos;arbre, de cet arbre que nous voyons ! Tr&#xe8;s bien, dites-moi &#xe0; quoi il ressemble, que j&apos;ai au moins une chance de l&apos;identifier... Dialogue de sourds : nous ne parlons jamais de la m&#xea;me chose...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne comprends pratiquement rien au monde dans lequel nous vivons, quand j&apos;arrive enfin &#xe0; m&apos;arr&#xea;ter l&#xe0; o&#xf9; il faut pour voir l&apos;entit&#xe9; qui vous sert de rep&#xe8;re, je me rends compte que j&apos;avais compris depuis longtemps de quoi vous parliez et que j&apos;&#xe9;tais pass&#xe9; par dessus sans m&#xea;me me retourner, sans reconna&#xee;tre l&apos;obstacle... mais votre certitude d&apos;avoir isol&#xe9; l&apos;atome me fait toujours douter de ce dont j&apos;ai l&apos;exp&#xe9;rience : ce que nous saisissons du monde de suffira jamais, car notre ignorance est proportionnelle &#xe0; la quantit&#xe9; de mati&#xe8;re sombre qui constitue plus des deux tiers de la masse th&#xe9;orique de l&apos;univers... Comment &#xea;tre s&#xfb;rs, nous autres humains, de quoi que ce soit de ce que nous croyons comprendre, alors que notre nature m&#xea;me limite nos exp&#xe9;riences du monde et notre compr&#xe9;hension de ses lois naturelles ?&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 30 Aug 2008 12:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>Autorit&#xe9; vs Hi&#xe9;rarchie</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396862.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396862.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10396862/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396862.html</guid><description>&lt;p&gt;Beaucoup de gens ont eu l&apos;occasion de penser que j&apos;avais un probl&#xe8;me avec l&apos;autorit&#xe9;, et je l&apos;ai &#xe9;galement longtemps cru moi aussi. Cependant, il m&apos;est venu r&#xe9;cemment &#xe0; l&apos;esprit que j&apos;avais plut&#xf4;t un probl&#xe8;me avec la hi&#xe9;rarchie, car celui qui s&apos;autorise &#xe0; &#xea;tre autoritaire se sent l&#xe9;gitime, et moi, j&apos;ai du mal &#xe0; distinguer dans les ordres qui sont donn&#xe9;s au nom d&apos;un JE, et qui ne me demandent rien d&apos;autre que d&apos;ob&#xe9;ir sans poser de questions, ceux qui sont l&#xe9;gitimes de ceux qui ne le sont pas... Si quelqu&apos;un me demande de faire quelque chose, je demande toujours pour quelle raison je suis sens&#xe9;e faire cette chose-l&#xe0;. J&apos;ai conscience qu&apos;un acte a des cons&#xe9;quences et je ne veux pas agir sans distinction, m&apos;en remettre &#xe0; la volont&#xe9; d&apos;un autre me semble potentiellement dangereux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Conversation g&#xe9;n&#xe9;rique ancienne avec les parents : Pourquoi ferais-je ce que vous me demandez ? Pour vous faire plaisir ? &#xc7;a ne vous emp&#xea;chera pas d&apos;&#xea;tre m&#xe9;contents de moi pour une autre raison, c&apos;est sans garantie ! Parce que vous &#xea;tes mes parents et que c&apos;est votre volont&#xe9; ; comme je suis votre fille, et que les enfants doivent ob&#xe9;ir &#xe0; leurs parents, je dois me plier &#xe0; vos d&#xe9;sirs, et bien non ! Et si moi, j&apos;ai aussi, malgr&#xe9; mon &#xe9;tat d&apos;enfant et mon devoir d&apos;ob&#xe9;issance, une volont&#xe9; bien &#xe0; moi, et que je ne peux pas ne pas me demander en quoi &#xe7;a va me profiter &#xe0; moi, de faire ce que vous me demandez de faire ? Et si je n&apos;ai pas envie de faire ce que vous me demandez ? Et c&apos;est assez simple, je n&apos;ai qu&apos;&#xe0; ne pas le faire : et c&apos;est ce que vous appelez d&#xe9;sob&#xe9;ir. Et si j&apos;affirme ma r&#xe9;sistance &#xe0; un ordre que je reconnais pas comme l&#xe9;gitime en refusant d&apos;agir, t&#xea;te de mule ? T&#xea;te de lard. T&#xea;te de cochon. Tu y mets de la &quot;mauvaise&quot; volont&#xe9;, ma parole ! Phrase entendue maintes fois...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La volont&#xe9; est-elle bonne ou mauvaise en dehors du couperet du jugement ? Le regard des autres, justement, n&apos;est qu&apos;un instantan&#xe9;, un clich&#xe9;... auquel nous devons nous soumettre pour qu&apos;ils puissent nous reconna&#xee;tre... Conformons-nous &#xe0; l&apos;image qu&apos;ont de nous ceux que nous fr&#xe9;quentons : nous n&apos;avons aucun pouvoir, quoi que nous fassions pour jouer le r&#xf4;le dans lequel ils nous ont int&#xe9;gr&#xe9;s dans le syst&#xe8;me de leurs pens&#xe9;es... Quand on vous donne un r&#xf4;le dans un film, il est rare qu&apos;on vous laisse cr&#xe9;er totalement le personnage : il y a toujours un script qui limite les possibilit&#xe9;s, si la fille doit &#xea;tre laide ou antipathique, ou incomp&#xe9;tente, c&apos;est une donn&#xe9;e impossible &#xe0; modifier... Quand on ne vous propose que des r&#xf4;les de merde dans les films de la vie des autres, et que vous n&apos;avez que le second r&#xf4;le dans votre propre vie, on comprend pas tr&#xe8;s vite que tout cela ne d&#xe9;pend pas seulement de notre volont&#xe9;. M&#xea;me polie sous des ann&#xe9;es de remise en question et de changements d&apos;attitude, devenue &quot;aimable&quot; avec tout un chacun, &quot;aimant&quot; a priori &quot;tout le monde&quot;, c&apos;est-&#xe0;-dire en respectant l&apos;humain dans chacun, je ne r&#xe9;ussis pas &#xe0; me faire aimer de quelqu&apos;un qui d&#xe9;s le d&#xe9;but ne me sentais pas... Maintenant, je tiens le r&#xf4;le de la cingl&#xe9;e de service, apr&#xe8;s celui de brebis galeuse ou de vilain petit canard... et celui de bouc &#xe9;missaire, qui me colle &#xe0; la peau depuis toujours, puisque moi, je suis un aiguillon : je cr&#xe8;ve les abc&#xe8;s par charit&#xe9; quand j&apos;en prends conscience, pour rendre service &#xe0; long terme. M&#xea;me si tout le monde ne peut que m&apos;en vouloir, parce que viens de faire quelque chose qui provoque un gros bordel chez eux, qui remet en question des choses, qui fait souffrir, bref, j&apos;ai du mal &#xe0; ne pas foutre la merde partout o&#xf9; je me trouve... Mais je dois le faire &#xe0; tout prix car je sais ce qui pourrait advenir sans &#xe7;a, et je me sentirais coupable...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un sentiment d&apos;hyper-responsabilit&#xe9; domine : si je suis consciente de l&apos;existence d&apos;un probl&#xe8;me, alors j&apos;en suis responsable, il me revient le devoir de tenter d&apos;agir pour y rem&#xe9;dier, non ? Si vous vous promenez seul au bord de l&apos;eau, il n&apos;y a personne &#xe0; des kilom&#xe8;tres &#xe0; la ronde, et vous apercevez dans l&apos;eau une personne en train de se noyer... pouvez-vous sans crainte de remords, passer votre chemin sans intervenir ? Je ne peux pas. Il faut que je fasse un truc, sinon &#xe7;a va me torturer... C&apos;est l&#xe0; que se situe mon probl&#xe8;me avec l&apos;autorit&#xe9;... j&apos;ai du mal avec la hi&#xe9;rarchie des choses... j&apos;ai du mal &#xe0; comprendre ce qui fait que la mort d&apos;un roi a plus de valeur que celle d&apos;un gueux... ou celle d&apos;une fleur ou d&apos;une mouche... mais je ne suis pas fleur bleue j&apos;ai des ennemis : des phobies plut&#xf4;t... comme les animaux rampants, mous, ou qui se pr&#xe9;sentent en amas grouillant... il y a des choses face auxquelles j&apos;ai tellement peur — c&apos;est-&#xe0;-dire en face desquelles je me sens totalement d&#xe9;munie de possibilit&#xe9; de survivre en tant que ce que je suis, ma fin en quelque sorte, ma limite intrins&#xe8;que, ma limite d&apos;incomp&#xe9;tence (les portes que je ne peux pas ouvrir, les lits sous lesquels je ne peux pas allez voir, le noir, etc.) — que je me paralyse, et mon corps est agit&#xe9; de spasmes et de tremblements tellement vifs que mes m&#xe2;choires s&apos;entrechoquent &#xe0; grand bruit... c&apos;est &#xe7;a l&apos;angoisse... &#xe7;a n&apos;a rien &#xe0; voir avec une &quot;boule&quot; dans la gorge ! J&apos;ai peur parce que je ne sais pas quoi faire, et que je suis donc certaine qu&apos;en agissant dans cette situation, je m&apos;en remets au hasard ou au miracle, et que dans ce domaine, je suis du genre &quot;pas-de-bol&quot;, et que je vais &#xe9;chouer d&apos;une mani&#xe8;re quasi certaine, au vu des probabilit&#xe9;s... Pourquoi le faire ? Pour vaincre la peur, parce qu&apos;il n&apos;y a aucun &quot;monstre&quot; dans le placard ? Mon exp&#xe9;rience est toute autre : chaque fois que je lutte contre ma peur et que je me force &#xe0; faire quelque chose qui m&apos;angoisse &#xe0; l&apos;avance, je me retrouve dans une situation bien pire que celles des multiples pr&#xe9;visions, toutes plus pessimistes les unes que les autres, que j&apos;avais pu faire. Je me sens aujourd&apos;hui tr&#xe8;s proche d&apos;un personnage tragique comme celui d&apos;Œdipe qui commet le pire des crimes en cherchant &#xe0; l&apos;&#xe9;viter. On lui pr&#xe9;dit un avenir sombre, un destin de meurtrier, la chute et l&apos;Had&#xe8;s : jeune adulte, il part sur les chemins pour ne pas se trouver en situation d&apos;assassiner celui qu&apos;il croit &#xea;tre son p&#xe8;re, mais qui n&apos;est qu&apos;un p&#xe8;re adoptif, et rencontre un vieil homme &#xe0; un croisement avec lequel il se querelle, et auquel il retire la vie, avant d&apos;&#xe9;pouser sa femme, et de lui donner des enfants. Ce n&apos;est qu&apos;une fois la pr&#xe9;diction de l&apos;oracle totalement accomplie, qu&apos;Œdipe prend connaissance de son crime, et tout le monde sait que sa r&#xe9;action est de se crever les deux yeux... Il n&apos;y a pas de crime plus lourd &#xe0; assumer que celui dont on commen&#xe7;ait &#xe0; l&apos;avance la probabilit&#xe9;, car nous n&apos;avons pas pu prouver par nos actes notre bonne volont&#xe9;, mais notre d&#xe9;sir d&apos;&#xe9;viter &#xe0; tout prix la faute nous a fait faire ce que justement nous nous savions incapable d&apos;assumer la responsabilit&#xe9; aux yeux des autres hommes, aux yeux des dieux, et surtout &#xe0; nos propres yeux. Nous voulons bien faire, et parce que nous pr&#xe9;voyons un malheur et ses cons&#xe9;quences pour notre image du moi, les souffrances morales qu&apos;il va causer, nous nous sacrifions et nous nous effor&#xe7;ons de ne pas devenir ce monstre qu&apos;on nous promet de devenir... et nous le devenons... car nous sommes jug&#xe9;s, quoi qu&apos;il en soit, par l&apos;un ou par l&apos;autre...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 30 Aug 2008 08:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>Je suis officiellement malade</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396018.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396018.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10396018/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10396018.html</guid><description>&lt;p&gt;Je me sens maintenant bien plus mal qu&apos;il y a quelques mois. Tout le monde autour de moi s&apos;accorde &#xe0; me trouver malade de l&apos;esprit. La pharmacienne, avant hier. Le m&#xe9;decin, hier. Mon ami voudrait que je prenne les nouveaux m&#xe9;docs... il m&apos;a dit qu&apos;il trouvait que je donnais aux choses insignifiantes, une importance douze fois trop grande. Quelle solitude : absolument tous les &#xea;tres avec lesquels je suis en relation pensent que j&apos;exag&#xe8;re !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J&apos;ai sans doute bascul&#xe9;. Je me sens perturb&#xe9;e sur le plan &#xe9;motionnel, c&apos;est vrai. J&apos;exag&#xe8;re toujours tout, comme me le reproche sans arr&#xea;t mon p&#xe8;re, c&apos;est vrai aussi. Mais c&apos;est fait expr&#xe8;s. C&apos;est une mani&#xe8;re de po&#xe9;sie... Plut&#xf4;t que de dire des faits, j&apos;&#xe9;voque des extr&#xea;mes, des devenirs-quelque chose, des tendances virtuelles de ce qui est... Si j&apos;ai le sentiment d&apos;avoir attendu longtemps quelque chose, on peut me surprendre en train de dire que j&apos;ai attendu &quot;quinze ans&quot;... Tout le monde sait que c&apos;est faux, que c&apos;est une image... pour dire que j&apos;ai trouv&#xe9; &#xe7;a infiniment long, et que je me suis faite clairement chier un bon moment. Mon p&#xe8;re est amoureux des faits et de leurs d&#xe9;tails. Par ailleurs, il est myope. Je n&apos;ai pas d&apos;autre trouble de la vision qu&apos;une l&#xe9;g&#xe8;re paresse de l&apos;œil droit, qui me m&apos;a oblig&#xe9;e &#xe0; porter des lunettes que trois ou quatre ans en tout dans ma vie, mais je pense-taupe, et c&apos;est bien pire. Les petits tas de terre fra&#xee;che que je fais &#xe0; la surface ne sont que taupini&#xe8;res sur la pelouse verte du monde entretenu de la soci&#xe9;t&#xe9;. Les pouss&#xe9;es qui les provoquent, arrivent de trop loin, sans rien voir de ce qu&apos;elles provoquent, l&#xe0; o&#xf9; leur avanc&#xe9;e aveugle les am&#xe8;nent, malgr&#xe9; elles, &#xe0; p&#xe9;n&#xe9;trer la membrane du sol qui s&#xe9;parent leur monde de celui des humains, o&#xf9; elles ne se manifestent jamais sous une autre forme que celle d&apos;un d&#xe9;g&#xe2;t dans le jardin... d&apos;une dysharmonie... une menace terroriste... le pr&#xe9;misse du chaos, peut-&#xea;tre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis que les r&#xe9;seaux ont envahis nos vies, vous &#xea;tes ce que vous &#xea;tes partout o&#xf9; vous allez... Votre dossier virtuel vous pr&#xe9;c&#xe8;de... Le m&#xe9;decin traitant a toutes les informations sur votre visite chez l&apos;O.R.L. par exemple, ou votre pharmacienne lit dans son ordinateur qu&apos;on vous prescrit des anxiolytiques et des antid&#xe9;presseurs, et elle vous explique que vous n&apos;avez rien qui vous g&#xe8;ne dans la gorge, que c&apos;est une id&#xe9;e que vous vous faites, ce qu&apos;on appelle une boule d&apos;angoisse... merde... votre m&#xe9;decin ne vous ausculte m&#xea;me plus : il augmente votre dosage d&apos;anxiolytiques ! Tout ce que vous vivez est plac&#xe9; sous condition de la maladie anxieuse, interpr&#xe9;t&#xe9; comme une de ses cons&#xe9;quences : rien de ce que vous dites sur vous-m&#xea;me n&apos;est plus entendu que comme un sympt&#xf4;me de la maladie... vous n&apos;avez rien de grave nulle part, c&apos;est parce que vous vous inqui&#xe9;tez trop de ce que vous pourriez peut-&#xea;tre avoir que vous provoquez des sympt&#xf4;mes qui n&apos;ont pas de cause physique... On le sait depuis longtemps ! Spinoza disait d&#xe9;j&#xe0; que les &#xe9;motions et les sentiments sont les deux faces d&apos;un m&#xea;me ph&#xe9;nom&#xe8;ne, dans lequel il n&apos;y a pas de hi&#xe9;rarchie temporelle ou de causalit&#xe9;. Les neurosciences ont montr&#xe9; que la d&#xe9;cision consciente de passer &#xe0; l&apos;acte, c&apos;est-&#xe0;-dire de faire tel ou tel geste, suit le d&#xe9;but de l&apos;activit&#xe9; musculaire et ne la pr&#xe9;c&#xe8;de pas. Ce n&apos;est pas la conscience, ou la volont&#xe9; qui nous dirige, elles ne sont que des reflets, des r&#xe9;flexions d&apos;autres processus qui se d&#xe9;roulent dans un autre langage... Il a &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;montr&#xe9; que les hallucinations visuelles et sonores d&#xe9;clenchent les m&#xea;mes processus c&#xe9;r&#xe9;braux que les perceptions r&#xe9;elles, notre conscience ne saurait &#xea;tre en mesure de les distinguer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, il y a donc des perceptions de dysfonctionnement physique qui arrivent &#xe0; la conscience, mais nous ne pouvons pas savoir sans l&apos;aide d&apos;autrui — confirmation de la r&#xe9;alit&#xe9; du ph&#xe9;nom&#xe8;ne : est-ce que tu ......... toi aussi ? Est-ce que tout cela est bien r&#xe9;el ? La r&#xe9;alit&#xe9; est un consensus sur lequel les &#xea;tres humains s&apos;accordent. C&apos;est une norme. Si j&apos;affirme &#xea;tre en prise avec un probl&#xe8;me que la majorit&#xe9; des hommes ne rencontre pas, alors, je suis hors-norme, du coup je ne ne suis pas dedans... je suis donc &#xe0; l&apos;ext&#xe9;rieur, &#xe0; la marge : une marginale. Si on reprend simplement le terme de norme utilis&#xe9; au d&#xe9;but, et que pour exprimer ce qu&apos;on vient de mettre en &#xe9;vidence, on lui adjoint un &lt;b&gt;a&lt;/b&gt; privatif, alors, je suis une anormale... Et franchement, je n&apos;avais jamais vu les choses comme &#xe7;a... &#xc7;a fait un choc quand m&#xea;me... Je me suis certes toujours sentie &quot;diff&#xe9;rente&quot;, mais m&#xea;me si mes tentatives incessantes de devenir comme-tout-le-monde n&apos;ont fait que m&apos;&#xe9;loigner davantage de cette possibilit&#xe9;, j&apos;avais cru comprendre que c&apos;&#xe9;tait le lot de tout un chacun... et que dans le fond, nous autres &#xea;tres humains, nous &#xe9;tions tous faits pareils, tous construits sur le m&#xea;me mod&#xe8;le : c&apos;est-&#xe0;-dire persuad&#xe9;s d&apos;&#xea;tre au centre d&apos;un monde qui nous est &#xe9;tranger... diff&#xe9;rents et incompris, mal-aim&#xe9;s de ceux qui nous entourent... Et quand, finalement, c&apos;est vrai ? Quand ce qu&apos;on a toujours soup&#xe7;onn&#xe9;, je veux dire le fait qu&apos;on soit diff&#xe9;rent des autres, se confirme, quand tous vous renvoient l&apos;image d&apos;une maladie de l&apos;esprit ? Parce qu&apos;en ce moment j&apos;ai besoin de faire du tri et de la place dans mes affaires, du coup, c&apos;est momentan&#xe9;ment un peu le bordel, et tr&#xe8;s soutenu au niveau du rythme des modifications, car il y a beaucoup de vieilles merdes inutiles &#xe0; nettoyer et &#xe0; classer, et que je suis press&#xe9;e de devenir quelqu&apos;un d&apos;autre, donc, il faut changer de syst&#xe8;me... Et avant de modifier quelque chose dans un syst&#xe8;me, si on ne veut pas que tout s&apos;&#xe9;croule comme un ch&#xe2;teau de cartes, ou s&apos;effondre comme un ch&#xe2;teau de sable, il vaut mieux &#xe9;tudier un minimum le terrain, et faire la liste des fragments identifiables dans le camp de fouilles... avant de reboucher et de construire autre chose. C&apos;est imp&#xe9;ratif, sinon... Dans certaines villes on voit parfois des maisons s&apos;enfoncer soudainement dans une grotte souterraine, un vide sur lequel elles avaient parfois tenu plusieurs si&#xe8;cles... Bon. Il ne faut pas se pr&#xe9;cipiter, n&apos;est-ce-pas ? De toute fa&#xe7;on, maintenant que c&apos;est fait, que je suis officiellement &quot;malade de la t&#xea;te&quot;, il n&apos;y a plus rien qui presse puisque je n&apos;ai plus aucune chance de ressortir de cette cat&#xe9;gorie aux yeux des gens dans l&apos;esprit desquels cet a priori a fait son lit...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me souviens d&apos;un homme dans le film &quot;La moindre des choses&quot; de Nicolas Philibert qui s&apos;approchait de la cam&#xe9;ra, vers la fin du film, et donnait le conseil suivant : Ne parlez jamais de votre sant&#xe9; avec un m&#xe9;decin ! Je ne sais trop &#xe0; qui il s&apos;adressait, si c&apos;&#xe9;tait &#xe0; la cam&#xe9;ra ou au cam&#xe9;raman, ou m&#xea;me &#xe0; nous, &#xe0; moi, spectatrice du film... Je sens aujourd&apos;hui &#xe0; quoi il faisait allusion... Je me sentais depuis longtemps un peu frustr&#xe9;e par mes rapports avec les m&#xe9;decins, &#xe0; tel point que j&apos;avais renonc&#xe9; &#xe0; choisir un m&#xe9;decin traitant jusqu&apos;&#xe0; r&#xe9;cemment, bien oblig&#xe9;e par les circonstances... Aujourd&apos;hui, je sais que c&apos;est fini de ce c&#xf4;t&#xe9;-l&#xe0; : tous mes sympt&#xf4;mes physiques seront interpr&#xe9;t&#xe9;s en tant que d&#xe9;lires hypocondriaques ou maladies psychosomatiques... il ne sert plus &#xe0; rien d&apos;en parler &#xe0; un membre du corps m&#xe9;dical, ou que ce soit, puisqu&apos;ils sont tous plus ou moins reli&#xe9;s... ou pourraient l&apos;&#xea;tre... J&apos;ai lu dans le code de la s&#xe9;curit&#xe9; sociale qu&apos;en Affection de Longue Dur&#xe9;e, le patient s&apos;engage &#xe0; prendre le traitement prescrit, et &#xe0; se conformer aux directives des m&#xe9;decins... C&apos;est dangereux, parce qu&apos;on ne sait rien des comp&#xe9;tences de ces gens et pour ma part, je doute de plus en plus de leur capacit&#xe9; &#xe0; m&apos;aider, pour de simples questions de temps ! Les s&#xe9;ances chez le m&#xe9;decin sont limit&#xe9;es en dur&#xe9;e — ils faut bien qu&apos;ils gagnent leur vie, comme tout le monde ou presque, ils sont pay&#xe9;s &#xe0; l&apos;heure. G&#xe9;n&#xe9;raliste quinze minutes vingt-deux euros, rendez-vous le lendemain ou le jour m&#xea;me en urgence. Gyn&#xe9;cologue super qui prend le temps humain qu&apos;il faut : du coup on attend presque toujours trois quart d&apos;heure ou une heure dans la salle d&apos;attente, vingt-huit euros, rendez-vous dans les quinze jours ou le mois, mais elle est &#xe2;g&#xe9;e malheureusement. Psychiatre trente minutes tarif ultra variable — j&apos;ai vu une interne &#xe0; l&apos;h&#xf4;pital deux fois en janvier, qui pour le moment ne m&apos;a rien co&#xfb;t&#xe9; puisque l&apos;h&#xf4;pital n&apos;a pas envoy&#xe9; la facture... j&apos;ai vu un psy trois fois l&apos;ann&#xe9;e derni&#xe8;re en hiver, &#xe0; quarante-deux euros et un autre au printemps deux s&#xe9;ances &#xe0; soixante-quinze euros, rembours&#xe9; une fois cinquante-quatre euros, et la seconde fois trente-deux euros et trente cents. L&#xe0; j&apos;arr&#xea;te tout : c&apos;est du foutage de gueule manifeste en plus de l&apos;accueil de la deuxi&#xe8;me visite avec un &quot;Alors, vous &#xea;tes quand m&#xea;me revenue ?&quot; que j&apos;ai aim&#xe9; moyen... Je verrai quelqu&apos;un d&apos;autre dans une dizaine de jour &#xe0; la MGEN, je n&apos;ai aucune info sur le tarif... Le truc qui est s&#xfb;r, c&apos;est que mes probl&#xe8;mes durent depuis tellement longtemps qu&apos;ils ont atteint un niveau de d&#xe9;tails gigantesque et les gens que je rencontre n&apos;ont pas la place pour moi... M&#xea;me en doublant la dur&#xe9;e d&apos;une s&#xe9;ance, je n&apos;arrive pas &#xe0; dire ce que je voulais, ce que j&apos;avais pr&#xe9;par&#xe9;... Je ne me sens plus frustr&#xe9;e... je me sens trahie et totalement isol&#xe9;e : je d&#xe9;conne... mes probl&#xe8;mes d&#xe9;bordent partout, et m&apos;ont engloutis... Je suis un iceberg, je flotte tr&#xe8;s difficilement &#xe0; la surface aujourd&apos;hui. J&apos;alterne les humeurs rapidement, j&apos;h&#xe9;site entre des radicalit&#xe9;s... je grelotte et je m&apos;enfonce d&apos;amertume en profondeur : je me p&#xe8;se comme un boulet de plomb dans le ventre... ou bien j&apos;&#xe9;touffe, je bouts &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur et ma peau suinte, je fonds : je m&apos;&#xe9;tiole, je diminue de volume, je remonte vers la surface lentement, je me plume, mais peu &#xe0; peu je me dilue dans les vapeurs de ma propre su&#xe9;e et je me sens dispara&#xee;tre un peu plus, mais c&apos;est bien... la l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9;, &#xe7;a soulage un peu...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 30 Aug 2008 07:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>Rentr&#xe9;e : sans moi</title><dc:creator>In Bereshit</dc:creator><link>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10395635.html</link><comments>http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10395635.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lentterrement.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10395635/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lentterrement.canalblog.com/archives/2008/08/30/10395635.html</guid><description>&lt;p&gt;C&apos;est la fin de l&apos;&#xe9;t&#xe9;, d&#xe9;j&#xe0; la rentr&#xe9;e des classes... Je ne me sentais pas concern&#xe9;e. Pour la premi&#xe8;re fois, les premiers reportages du 19-20 sur la rentr&#xe9;e anticip&#xe9;e diffus&#xe9;s depuis la mi-ao&#xfb;t, ne me g&#xe2;chent pas les &quot;vacances&quot;. Je ne suis pas en vacances : je suis malade. Je ne pourrai pas retourner au lyc&#xe9;e... Appel du proviseur-adjoint huit jours avant la date de rentr&#xe9;e des professeurs. Je dormais. Mon ami a pris l&apos;appel et m&apos;a transmis le message. Il s&apos;agissait de dire si je reprenais ou non mon poste &#xe0; la rentr&#xe9;e. Je devais rappeler dans la demi-heure... Mais mon ami ne pas r&#xe9;veill&#xe9;e, apr&#xe8;s, il &#xe9;tait trop tard. J&apos;ai donc envoy&#xe9; un mail le lendemain matin &#xe0; la secr&#xe9;taire, pour signaler que je ne pourrais rien leur dire avant d&apos;avoir revu mon m&#xe9;decin, pas de mail en r&#xe9;ponse, mais pas non plus de nouvel appel au t&#xe9;l&#xe9;phone : le message a d&#xfb; passer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Hier, visite chez le m&#xe9;decin anticip&#xe9;e de quelques jours parce que je me suis fais mal au ventre en toussant : petite &#xe9;longation du muscle transverse de l&apos;abdomen. Ce n&apos;est pas tr&#xe8;s douloureux, mais il faut faire attention &#xe0; ne pas brusquer le muscle pour qu&apos;il se r&#xe9;pare correctement... Il m&apos;a remis un mois d&apos;arr&#xea;t... et des anxiolytiques plus fort pour quelques jours seulement, dit-il. Des trucs apparent&#xe9;s aux benzodiaz&#xe9;pines, avec un dosage d&apos;un milligramme, posologie progressive sur cinq jours avec une acm&#xe9;e &#xe0; trois cachets dans la journ&#xe9;e. &#xc7;a fait peur... D&#xe9;j&#xe0; que je ne prends plus les antid&#xe9;presseurs que je suis sens&#xe9;e prendre depuis plusieurs mois, ni les anxiolytiques, d&apos;ailleurs. Les antid&#xe9;presseurs, j&apos;ai essay&#xe9; pratiquement trois mois avec un cachet par jour, mais pas d&apos;effet. Je l&apos;ai dit au m&#xe9;decin : r&#xe9;sultat posologie &#xe0; un cachet et demi par jour. Je ne l&apos;ai pas fait. J&apos;essaye justement de sortir de cette manie de la surench&#xe8;re d&apos;engagement dans des solutions manifestement inadapt&#xe9;es... Il ne faut pas insister ! Si &#xe7;a ne marche pas, &#xe7;a ne marche pas, merde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 30 Aug 2008 05:30:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>