01 septembre 2008
Peut-on choisir la couleur de son étiquette ?
Je suis au croisement des chemins. Je vais pouvoir enfin changer de niveau dans le jeu de la vie. Le seul problème, c'est en me résignant à demander l'aide de la médecine, je me suis approchée dangereusement d'une limite... La principale compétence du médecin, c'est la sémiologie. Il est une banque de données de symptômes ordonnées par catégories de pathologies. Il est en mesure d'établir un diagnostic. Donc de donner un nom à un ensemble de faits incompréhensibles. C'est ce qu'on veut. Trouver la formule qui va nous permettre de débuter un protocole de traitement pour résoudre ou réduire les difficultés éprouvées. C'est malheureusement aussi une étiquette que le médecin nous colle sur le front, et avec laquelle nous sommes forcés d'adhérer, sous peine de tuer dans l'œuf toutes nos chances de réussite... Faut ce qu'il faut. Reconnaître d'abord le problème (il y a), sinon, pas moyen de l'identifier... donc sans défense devant l'inconnu qui nous menace, et bientôt le chaos : un enfer... J'ai un problème : affirmatif. Nature ? Rhizome-type. Envahissant dedans. Prends trop de temps à s'exposer... je suis obligée de faire des raccourcis, et personne ne comprend rien à ce que je dis. Jour A : la pharmacienne me prend pour une folle, elle me conseille de me faire hospitaliser dix jours, que là-bas ils me feront une piqûre et que j'irais vite mieux (quand même !), avec un détour par un sale jeu d'auto-satisfaction-narcissique : vous n'avez pas de culture médicale, vous n'y pouvez rien comprendre, retournez voir votre médecin, et faites-vous "voir" aussi par "quelqu"un d'autre", vous savez, les médicaments ne peuvent rien sans un accompagnement psychologique ! OK : je suis une pauvre malade angoissée, donc, je ne suis pas une "vraie" malade, mais une malade "mentale"... Cool. Super cool. Le toubib, le lendemain : deuxième injection du vaccin : devient tout rouge et me "gronde" paternellement (fausse colère pour me "recanalyser" genre "tu débloque ma petite, ressaisis-toi ! Tu vois, je me fâche tout rouge, et je dois utiliser ma grosse voix impérieuse pour te faire entendre raison, ça suffit ! Je déteste tout simplement, je me sens dans une situation d'injustice flagrante : couperet du jugement sans me laisser aller au bout de l'exposition de l'enchaînement des faits qui m'ont amenés à demander de l'aide ! Merde. Je suis totalement allergique à l'idée de devoir continuer à vivre en devant accepter que finalement, je suis bien cinglée... Il faut que je trouve autre chose. Il y a forcément un moyen pour que je puisse être en mesure de "changer de peau", comme on s'achète une belle robe pour séduire à nouveau après avoir fait le deuil d'une rupture. Maintenant qu'il y a une majorité de gens parmi ceux que je "rencontre" qui semblent être d'accord pour me trouver ultra-angoissée et hyper-tout (curieuse, sensible, pessimiste, chiante, bavarde, naïve, etc.) voire manipulatrice, froide (le cœur ne commande pas la raison, sauf dérèglement... du thermostat) et excentrique... Une fille pas-pareil. Justement, c'est le problème. Pas pareil que ce qu'ils croient eux, les membres du corps médical, je n'exagère pas les faits : je fais de l'humour pour orienter leur interprétation un peu plus légèrement — si j'arrive à en parler, c'est que j'ai déjà fait un peu le tour, je peux aussi prendre un peu le temps d'y mettre "les formes". Mais il faut toujours que j'en fasse trop, et du coup, il n'a pas grand monde qui comprend ce que j'essaye de faire ou qui reconnaît ce que je tente de définir ou de cerner... Il faut que je trouve un nouveau point de vue sur moi-même, que je me re-définisse pour m'offrir une nouvelle naissance symbolique. J'en ai marre de ce niveau de jeu, je ne comprends rien et je n'arrête pas de perdre. J'en envie d'essayer autre chose. Je n'ai pas d'amis assez proches pour me percevoir différer... J'ai la possibilité de changer de mode d'observation de moi-même, de créer un nouvel utilisateur, appartenant à une classe dans laquelle on s'accorde des autorisations, pas à celle où on les demandes à des gardiens de prison qui pensent : interdit ! Ion ou Particule ? Malade mental ou ... ? Début d'enquête... quête d'ego-ouste ! (sic) "JE EST UN AUTRE" a dit Rimbaud, dont l'œuvre épistolaire m' a apporté plus que sa poésie... sacrée leçon que la poésie la plus fine ne vaut pas un troupeau et un lopin de terre, des amis... et qu'à la fin, affaibli par la maladie, c'est chez les siens dont il avait fait des "lointains", qu'il vient livrer son corps agonisant, perdant son intégrité... Qui peut encore vous aider quand vous n'avez plus assez d'axes pour définir le champ de votre existence ? Rimbaud, amputé d'une jambe, n'ira plus nulle part sans un soutien extérieur, puis il va mourir. Les seuls qui nous aiment assez pour faire ce sacrifice d'eux-mêmes, ce sont ceux qui se sentent en partie responsable de ce que notre vie nous a apporté comme épreuves, et qui sont encore motivés pour agir en fonction... à la recherche de leur propre pardon intérieur... ils leur est essentiel de vous soutenir jusqu'à la fin... jusqu'au bout... Ce sont les deux axes qui ont défini le champ de votre existence, les "parents" qui sont votre origine, et dont vous êtes la descendance, c'est-à-dire la fin...
Commentaires
Tu devrais faire du théâtre !
Bizes.
MEREJ
J'aimerais avoir de tes nouvelles.
Désolé au passage de ne pas t'avoir fourni de feed back sur tes textes, je les ai lus attentivement mais remets toujours au lendemain le fait de te donner mon opinion...
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